Praxiologia Motriz na América Latina: Aportes Para a Didática na Educação Física

Por: (Organizador).

368 páginas. Ed. Unijuí. 2017

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Sobre a Obra

Le grand intérêt des rencontres internationales, tel ce Séminaire de Praxéologie Motrice, coordonné par le Professeur Joao Francisco Magno Ribas, est de faire le point sur l’état des connaissances dans le domaine considéré. Où en sommes-nous dans le cas des activités physiques et sportives? Peut-on faire apparaître de grandes tendances qui se dégagent des travaux menés à bien dans les différents pays européens, africains ou latino-américains?

Le point le plus frappant est que, de la part des multiples intervenants, se dessine une grande communauté de vues, une solide envie de travailler ensemble dans la perspective de la praxéologie motrice. On observe un désir constant de relier la théorie et la pratique, qui se manifeste par l’étude praxéologique de terrains d’application extrêmement variés. Les conférenciers et les débatteurs du Congrès ont fait appel à une multitude de secteurs d’intervention: le cirque, les jeux traditionnels, les sports collectifs, les pratiques urbaines, les activités scolaires… et à chaque fois, le recours à la logique interne des situations, a souligné le rôle original et déterminant de l’action motrice, en tant que socle fondamental.

Le souci de mettre en œuvre une démarche véritablement scientifique, notamment de type expérimental, s’est affirmé de façon appuyée: cette orientation est capitale car elle dote la praxéologie motrice des fondements indispensables à tout développement objectif et contrôlable. A ce titre, de nombreux intervenants ont utilisé de façon efficace les apports de la classification des situations motrices. En effet, une classification n’est pas une proposition gratuite à simple visée ornementale; elle propose une organisation cohérente des pratiques fondée sur les rapports, qu’au cours de leurs conduites motrices, les pratiquants entretiennent avec le milieu matériel et avec leur entourage humain. L’environnement est-il stable ou incertain? Faut-il se coordonner avec des partenaires et/ou affronter des adversaires? La prise d’information est ici à la base des conduites motrices. Il faut classer pour comprendre; il faut classer pour agir. Sont ainsi définis des “domaines d’action motrice” qui distribuent les activités physiques et sportives dans des catégories distinctives chargées de significations d’action précises, riches d’effets éducatifs potentiels: la solidarité, l’affrontement, l’automatisation gestuelle, l’adaptabilité au changement.

Dans cette optique, on a pu noter l’effort des conférenciers en vue de bien préciser le sens des mots utilisés. Cet effort d’élucidation conceptuelle est très important. Il est capital d’associer chaque concept à une catégorie de phénomènes, bien caractérisée. Ainsi, les définitions respectives de la psychomotricité et de la sociomotricité sont-elles opérationnelles, c’est-à-dire traductibles en opérations concrètes, observables et vérifiables. Dans le premier cas, la personne agissante agit en solo et n’est partie prenante dans aucune interaction instrumentale avec quiconque; dans le second cas, des interactions motrices fonctionnelles s’accomplissent de façon nécessaire entre les participants. Ces définitions sont sans ambiguïté: une situation qui met en co-présence différents acteurs qui n’interagissent pas corporellement dans le cadre de la logique interne de l’activité concernée, n’est pas de type sociomoteur; elle est psychomotrice et correspond alors à une situation dite “comotrice” (course de 100 mètres, saut à la perche, marelle…). Nous devons apprendre à nous méfier des apparences et à éviter le piège des fausses évidences: la baleine n’est pas un poisson mais un mammifère!

Parfois, les définitions se situent à des niveaux différents et il est important de bien distinguer les champs de signification correspondants. Ainsi, la notion “d’ethnomotricité” est-elle une notion généralisante indiquant que les pratiques corporelles sont dépendantes des contextes sociaux au sein desquelles elles se sont épanouies. Ce concept est capital, car il souligne que l’environnement culturel façonne les conduites ludosportives par le truchement de l’éducation, des habitudes sociales, des rites et des prestiges qui exercent une influence souvent décisive. Les mots ne sont pas neutres; ils créent du sens et nous devons être particulièrement vigilants à l’égard de ce sens. Parler d’ethnomotricité, c’est souligner que les pratiques corporelles, et notamment les jeux traditionnels, mettent en scène la mémoire d’une culture qui s’est inscrite dans les gestes du corps. Sous cet aspect, les jeux traditionnels représentent un patrimoine culturel d’une grande richesse, aussi intéressant que les contes par exemple. On sort ainsi de la stricte bio- -mécanique. Les analyses praxéologiques débouchent ici sur un univers anthropologique pétri de significations culturelles, peu exploré mais passionnant.

La comparaison des études menées dans différents pays se révèle féconde: elle fait surgir parfois des rapprochements inédits et parfois des écarts insoupçonnés. Les travaux de terrain confirment les potentialités de la praxéologie motrice qui prouve ainsi le mouvement en marchant. Il est frappant de constater que le travail en équipe a constamment été évoqué comme un facteur important d’adhésion des chercheurs et de leur réussite. Soulignée par de nombreux auteurs, l’une des tâches qui se révèle désormais urgente est la mise au point d’un programme de formation des futurs enseignants-motriciens, programme globalement fondé sur les domaines d’action motrice. Cette réalisation est cruciale car l’éducation physique de demain dépendra de la formation dispensée aujourd’hui aux jeunes étudiants.

Ainsi que nous l’avons noté depuis plusieurs années, nous pouvons désormais penser que la “masse critique” a été atteinte dans les travaux de praxéologie motrice; c’est toute une nouvelle génération de chercheurs venus de divers continents qui conjuguent leurs efforts afin de forger un corpus de connaissances et de pratiques validées, fondées sur l’action motrice. Et dans ce cas, la cohérence des démarches coïncide  avec la cohésion des équipes. Ce n’est pas le moindre des intérêts de la praxéologie motrice que de nouer entre ses adeptes d’origines très différentes, des relations d’efficace solidarité et de profonde amitié.

Pierre Parlebas

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